Bienvenus !

Tous les ans, en septembre, les bibliothécaires du Cantal se réunissent afin d'échanger
sur certaines problématiques professionnelles.
Entre deux journées, une veille documentaire axée sur le numérique et les bibliothèques
est publiée sur ce blog.

vendredi 23 décembre 2011

Le club des Irrésistibles : un bel exemple de médiation globale à MontréalLionel Dujol

Les recommandations du club des irresistibles - L.Dujol. CC-BY-SA

J'ai la chance d'effectuer un stage en immersion dans le réseau des bibliothèques publiques de Montréal. Des rencontres, des lieux, des notes … et un carnet, rue Milton.

C'est sous une pluie fine et une température clémente pour la saison que je marche à travers le quartier résidentiel d'Outremont où j'ai rendez-vous avec Marie Anne Poggi à la bibliothèque Robert Bourassa.

Marie Anne Poggi est animatrice de clubs de lecture au sein des bibliothèques de la grande région métropolitaine de Montréal depuis près de 30 ans. Elle y anime une vingtaine de clubs de lecture. Marie Anne est une passionnée comme rarement j'en ai croisé. Elle vous parle de son métier d'animatrice avec une telle conviction que l'on abandonne vite son clavier pour l'écouter parler d'un club plus particulier, celui des Irrésistibles.

Créé en juin 2007, le club des Irrésistibles est constitué de lectrices et de lecteurs désireux de faire connaitre leurs coups de coeur ou leurs coups de gueule en écrivant des critiques de livres, de films ou encore de pièces de théâtre. La première originalité de ce club est qu'il est ouvert à tous. Il n'est pas nécessaire d'être abonné à une bibliothèque, ni d'être montréalais, il suffit juste de vouloir partager ses lectures et de se déclarer comme membre du club en s'inscrivant sur le site dédié ou via un club de lecture animé par Marie Anne. Ils sont à ce jour plus de 600, certains provenant d' Europe, d'Australie ou d'Amérique du sud.

Une scénographie spécifique - Par L.Dujol. CC-BY-SA

La force de ce club est l'animation de la communauté effectuée par Marie Anne. Celle ci suggère, accompagne, encourage et relance sans cesse les lecteurs. Mais surtout elle valorise les productions de sa communauté. Chaque semaine une infolettre est publiée offrant les nouvelles suggestions de la semaine. Ces mêmes suggestions sont visibles sur le site du club qui offre un accès aux critiques par genre. Le meilleur de ses critiques est lu lors d'une émission radiophonique hebdomadaire sur une radio locale de Montréal. Il est possible d'écouter l'émission en direct via leur site web tous les samedis de 18h30 à 19h, heure française. Le podcast arrive bientôt. Les supports tangibles de médiation ne sont pas oubliés. Un logo "100% certifié irrésistibles" est apposé sur la couverture de tous les documents suggérés et sont ensuite mis en valeur par une scénographie spécifiques dans les murs de la bibliothèque Robert Bourassa. Ce logo est devenu un "label qualité" de recommandation apprécié par les abonnés qui empruntent et réservent très largement ces documents. Au final une valorisation sur des supports physiques, radiophoniques et numériques. Un bel exemple de médiation globale des collections organisée en écosystème.

Ce travail de médiation cible toute les communautés que peut toucher une bibliothèque. La communautés des abonnés, la communauté des habitants de l'agglomération montréalaise, la communauté de pratique des bibliothécaires et la communautés d'intérêt des amateurs de lecture qui s'activent sur le web. S'y ajoute la force de l'animation de Marie Anne, qui fait la passerelle entre ces sphères physiques et numériques et apporte l'indispensable valeur ajoutée humaine à cette communauté. Une bibliothèque au cœur de toutes les communautés et à la croisée de tous les espaces documentaires qu'ils soient physiques et numériques.

Depuis 2009, le club des irrésistibles désigne une œuvre qui se mérite le prix annuel des lectrices et lecteurs du club. Cette œuvre est choisie par un jury constitué de membres du club, à partir des cinq titres les plus souvent suggérés durant l'année. Un moment fort dans la vie de cette communauté. Ces livres ne sont pas nécessairement des parutions récentes et concernent tous les genres littéraires. Il n'est pas nécessaire n'ont plus que ces livres soient disponibles dans le catalogue de la bibliothèque. D'ailleurs les suggestions les plus populaires peuvent être aussi des suggestions d'achat qu'essaient de suivre les bibliothécaires acquéreurs. Une communauté d'amateur à l'initiative des acquisitions des professionnels. Encore une belle initiative.

Un regret néanmoins. Les suggestions ne sont pas signées. La mention "membre de – le lieu où vit l'auteur", figure au bas de la critique. Dommage de ne pas donner au moins le prénom de l'auteur de la suggestion suivi de son statut, simple lecteur, abonné ou encore bibliothécaire. La valorisation des contenus est essentielle, mais celle de l'expertise professionnelle et amateur l'est aussi.

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Tagged: amérique du nord, médiation numérique, recommandation, usages participatifs

from La bibliothèque apprivoisée http://labibapprivoisee.wordpress.com/2011/12/07/le-club-des-irresistibles-un-bel-exemple-de-mediation-globale-a-montreal-le-carnet-de-la-rue-milton-1/




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jeudi 15 décembre 2011

Les 5 lois des médias sociaux en bibliothèquesbibliobsession

Je reviens donc du Congrès des Milieux documentaires de Montréal. Pas mal d'infos intéressantes, ce congrès était d'un très bon niveau, je publierai bientôt un Storify de synthèse mais en attentant, voici une des présentations qui a particulièrement retenue mon attention. Elle est signée  par Thierry Robert Bibliothécaire à la Ville de Montréal, blogueur pour Ludicité.ca et gestionnaire de réseaux sociaux et Patrick M. Lozeau de la direction associée (toujours pour les bibliothèques de Montréal). Vous constaterez que pour une fois on parle de médiation numérique en situant la démarche dans un projet et dans les pratiques quotidiennes des bibliothécaires. Voilà qui est en tout point cohérent avec l'approche que nous proposons, notamment avec Biblioquest!

Au coeur de l'intervention la volonté de partager des bonnes pratiques :

Lozeau-Robert vous conseille donc 5 bonnes pratiques des bibliothèques sur les médias sociaux!

  1. Les médias sociaux sont faits pour être virtuels
  2. À chaque média social son contenu web
  3. À chaque contenu web son média social
  4. Il faut sauver le temps des bibliothécaires
  5. Un média social est une personne en développement


from Bibliobsession 2.0 http://feedproxy.google.com/~r/bibliobsession/TKHz/~3/P6Vs_Uvf6IE/




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Comment écrirons-nous demain ?Hubert Guillaud

L'avenir de l'écriture est souvent dépeint de manière aussi sombre que celui de la lecture. L'éditorialiste Anne Trubek pronostiquait il y a quelque temps, pour Miller-McCune la fin de l'écriture manuelle, malgré tous ses avantages cognitifs, puisqu'elle permet de mêler le geste à la pensée... Avouant que nous ne l'utiliserons peut-être que pour l'apprendre avant de la désapprendre.

L'écriture se transforme par l'utilisation de nos claviers, de nos dalles tactiles et de nos logiciels, comme l'explique très bien François Bon dans Après le livre. Comment les nouvelles technologies impactent ce que produisent les auteurs et ce que produisent les machines (pour autant que les deux parviennent à travailler de concert) ? Et comment à l'avenir nos modes d'écritures vont être bouleversés par des machines toujours plus intégrées ?

Microsoft Research et le Royal College of Arts (RCA) de Londres ont produit cet été une autre approche de cet avenir en invitant plusieurs artistes à donner leur vision de l'avenir de l'écriture. Comment l'auteur va-t-il être appelé à se transformer avec l'arrivée de nouvelles pratiques et de nouvelles technologies ? L'avenir de l'écriture consiste en 5 explorations artistiques conduites sous la direction d'Anthony Dunne à la tête des programmes de design d'interaction du RCA et de Richard Banks, Alex Taylor et Tim Regan du groupe de recherche sur les systèmes socionumériques de Microsoft Research à Cambridge. Ces explorations ont pour objet de stimuler la discussion et le débat autour de l'évolution de nos outils de lecture et d'écriture.

Les projets sont surtout disponibles sous forme de .pdf - ce qui n'est peut-être pas techniquement la meilleure façon de répondre à la question.

L'intelligence artificielle peut-elle aider à créer des histoires ?
Le premier projet, la machine d'aventures infinies (The Infinite Adventure Machine, TIAM) de David Benqué (blog) est un programme qui génère des contes de fées. Basé sur le travail de Vladimir Propp, qui a réduit la structure des contes traditionnels russes à 31 fonctions, le programme interroge les limites et les implications d'appliquer la programmation à la narration. Ici, le programme est incapable de livrer une histoire terminée : il ne délivre qu'un synopsis brut et des illustrations avec lesquelles les utilisateurs sont invités à improviser pour combler les lacunes de la technologie par leur imagination (vidéo). Comme le souligne très justement Régine Debatty : la machine d'aventures infinies est l'une des premières oeuvres où l'intelligence artificielle collabore avec l'intelligence humaine tout en libérant l'imagination et la créativité des enfants.

The Infinite Adventure Machine (prototype 01) from David Benqué on Vimeo.

Comme le confie David Benqué : l'avenir de la créativité pourrait demain plus reposer sur la création d'un système, un monde, dans lequel les "lecteurs" sont immergés et qu'ils explorent en fonction des règles que vous avez définies. Les aspects mystérieux et poétiques du récit, ce qui les rend si utiles pour nous, échappent à la programmation. Ainsi, même si les travaux de Propp sont fascinants, je voulais que les gens à s'interrogent sur ce que signifie la réduction des histoires à un système.

Le projet de David Benqué était présenté à l'exposition Glitch Fiction du Paris Design Week de septembre 2011.

Déchiffrer les histoires pour déchiffrer la société
Est-il possible de transposer des idées provenant d'histoires et de films cultes dans des applications réelles pour qu'elles bénéficient à tous ? Derrière cette idée qui peut sembler stupide, Dash Macdonald et Demitrios Kargotis cherchent à souligner combien les histoires d'aujourd'hui, popularisées par les livres, les jeux et le cinéma, sont devenues bien plus qu'un divertissement, elles nous inspirent et nous obligent. Peut-on imaginer des applications nous aidant à nous identifier à ces personnages pour tirer leçons de leurs expériences ?

Bien sûr, Happily Ever After in the Big Society, le projet des deux artistes, est un projet critique. Critique de la Big Society de David Cameron comme de l'hyperculture de masse hollywoodienne, celle qui se termine toujours bien, qui promeut sempiternellement les mêmes valeurs de société... tant et si bien que nous finissons certainement par nous y conformer. Le script des deux auteurs autour de l'analyse de Blanche-Neige est d'ailleurs un exercice plutôt savoureux qui s'amuse à regarder le conte par ses enjeux de société : comment Blanche-Neige, mise en péril dans sa famille dysfonctionnelle est conduite à l'itinérance et à devenir une sans-abri abandonnée par le système, avant d'arriver à dépasser ses points faibles en identifiant les compétences capables d'aider d'autres personnes en difficulté sociale (les 7 nains...).

Augmenter notre dialogue intérieur
Koby Barhad propose lui d'essayer de mettre à jour notre soliloque, notre dialogue intérieur. Dans How do I know what I think until I see what I say ? (Comment pourrais-je savoir ce que je pense tant que je ne vois pas ce que je dis ?), l'artiste a mis au point un traitement de texte unique basé sur des technologies émergentes de prédiction de texte. L'idée ici est d'amener l'utilisateur à générer un flux de pensées, de confessions, qu'il adresse à lui-même et uniquement à lui-même. L'idée va d'ailleurs plus loin, puisqu'il est possible d'ouvrir un espace social (mais complètement privatif) où les utilisateurs peuvent gérer des flux de pensées adressés à des proches ou plutôt à leurs avatars. Cogitos (voir la vidéo), du nom de cet espace, est un réseau social de la pensée virtuelle, qui nous confronte à ce que nous pensons vraiment et pas nécessairement à ce que nous disons aux autres, via les réseaux sociaux.

En cela, il paraît l'exact contraire de Facebook. Cogitos est le lieu de l'intimité, du repli sur soi, du dialogue intérieur et personnel, alors que Facebook (et encore plus avec la fonctionnalité de "partage sans friction" qui s'annonce) est le lieu de l'ultrasociabilité, et ce, encore plus quand votre profil va partager automatiquement ce que vous écoutez, lisez ou regardez. Alors que jusqu'à présent il fallait faire appel à un processus manuel pour ce faire (appuyer sur un bouton Like, Share ou autre), à l'avenir, la publication sera automatique. Une automatisation de nos décisions qui n'est d'ailleurs pas sans poser débat : allons-nous vers une surveillance silencieuse totale, comme s'en alarme Adrian Short ? Est-ce la fin du partage ? Ou allons-nous vers un monde de services toujours un peu plus à votre service ? Pour Adam Daugelli, Facebook n'a toujours pas compris la différence entre la surveillance et la diffusion...

Développer de nouveaux signes et symboles
Notre espace typographique est-il suffisant face aux technologies qui viennent ? On a vu, via Twitter ou via les Smileys par exemple, qu'on a su lui donner des dimensions qui n'existaient pas auparavant, en utilisant autrement les signes de ponctuation, en leur donnant de nouvelles fonctions, pour certaines codées dans la machine.
Ponctuation de Nicolas Myers est un outil pour créer, combiner et partager de nouveaux symboles et marques de ponctuations. En utilisant des formes typographiques existantes, le projet explore comment les symboles personnels peuvent enrichir et modifier le sens d'un texte.

S'écrire soi-même
"L'avenir de l'écriture est-il de tout écrire de soi ? Sera-t-il de lire les données de nos propres autobiographies ?" C'est la question que posent Sasha Pohflepp et Chris Woebken dans "le futur de toute chose". Nous sommes la dernière génération dont la vie n'aura pas été totalement enregistrée. Désormais, les machines vont créer de nous un récit continu, parfois très intime, très personnel, jusqu'au dialogue des capteurs avec nos données vitales. Les technologies personnelles surveillent déjà le moindre de nos mouvements. Notre mémoire sélective est un concept biologique dont les bases de données ne souffrent pas, expliquent les artistes. L'avenir de l'écriture repose-t-il dans nos propres autobiographies qui seront rédigées par des fantômes machiniques ? Serons-nous conscients d'être les protagonistes d'une narration continue ?

Un peu à la manière de ce qu'explique l'artiste américaine Laurie Frick de son travail à partir de données personnelles (voir L'art de la mesure) : serons-nous obnubilés par notre propre écriture de soi ? Nous voulons des machines qui se souviennent de là où nous n'étions pas, expliquent les auteurs. Nous voulons des machines qui puissent lire notre futur comme quand nous tapons les premières lettres d'un mot dans Google. Peut-être même voulons-nous des machines qui écrivent à notre place les phrases que les autres cherchent pour nous...

Bien sûr, ces propositions artistiques ne sont que des formes d'excursions dans ce que pourrait être l'avenir de l'écriture. Mais elles posent quelques questions fortes sur comment le numérique recompose notre matériel en tant qu'auteur qu'écrivain. Et ce n'est pas fini !



from LaFeuille http://lafeuille.blog.lemonde.fr/2011/12/01/comment-ecrirons-nous-demain/?utm_source=feedburner&utm_medium=feed&utm_campaign=Feed%3A+lafeuillerss+%28lafeuille%29#xtor=RSS-32280322




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Cinq livres que j’aimerais lire dans le domaine de l’information-documentationbibliobsession

Ceux-là, contrairement à ceux de la semaine dernière, je ne vous les recommande pas… encore, je ne les ai pas lu ni même feuilletés, mais c'est un objectif :-) En connaissez vous d'autres?

Vous constaterez que je me sens en phase avec la politique éditoriale de Fyp Editions, qui fait un excellent travail, dommage que leur offre numérique soit aussi calamiteuse!

My Library at LibraryThing



from Bibliobsession 2.0 http://www.bibliobsession.net/2011/12/12/cinq-livres-que-jaimerais-lire-dans-le-domaine-de-linformation-documentation/?utm_source=feedburner&utm_medium=feed&utm_campaign=Feed%3A+bibliobsession%2FTKHz+%28Bibliobsession+2.0%29




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